Nombre de nos lecteurs connaissent la différence entre les viandes glatt, ‘halak ou encore la
différence entre le lait chamour et le lait non chamour. Cependant, face à la multiplication
des labels de cacherout et l’explosion de la demande du marché cachère qui cherche à
obtenir toujours davantage de produits, fabriqués par des industriels plus ou moins sérieux,
il est clair qu’il existe une différence, notamment dans les « KOULOT » (permissions) que
s’autorisent certains labels.
Les divers niveaux peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs :
1. Les divergences d’opinion au niveau de la Halakha.
2. Les critères objectifs retenus par les labels de Cacheroute.
3. Le facteur humain.
4. Le côté financier
Etudions-les attentivement, un à un.
La Halakha
Il existe généralement deux grandes écoles de pensée dans la Halakha et c’est d’eux que
découlent des divergences d’opinion, qui s’expliquent aussi par des différences culturelles
comme l’opposition entre les avis Aschkenaze ou Sépharade. Il existe aussi les divergences
des « KOULOT » rapportées par les richonims (premiers décisionnaires) ou celles rapportées
par des décisionnaires plus contemporains. On peut citer en exemple l’avis du Rav Moche
Feinstein autorisant apparemment le lait non chamour.
Les critères retenus par les différentes autorités
C’est notamment de cette divergence que découle la nécessité d’une surveillance qui ne
veut accepter aucune de ces souplesses, afin de s’adresser au public le plus scrupuleux.
D’autre se suffiront de fabriquer des produits avec moins de contraintes et ne s’adressent
donc qu’à un public moins regardant, quitte à avoir une moins bonne renommée auprès du
public plus exigeant.
Le facteur humain
Mais le facteur le plus impactant est bien le facteur humain. En effet, un label sérieux va
d’abord établir un cahier des charges bien rédigé mais va surtout se soucier de former des
surveillants qui vont se rendre dans les usines et même effectuer un contrôle inopiné du
travail effectué par ce surveillant. Un cahier des charges détaillé et accessible au public est
un signe de sérieux. Plus il est difficile d’avoir accès à l’information, plus on peut se méfier
car un organisme rigoureux doit aussi informer les consommateurs et s’engager à faire
respecter ses normes.
L’argent
Enfin, lorsqu’un problème survient lors d’une production, il y a parfois beaucoup d’argent
investi par le producteur et l’industriel. Selon que le problème soit sérieux ou pas, les
conséquences ne seront pas les mêmes. Il se peut également qu’un fabriquant va user de
ruse en profitant des souplesses du label pour fabriquer un produit qui répondra aux
demandes des consommateurs et qui va se vendre mais dont l’élaboration sera moins
exigeante au niveau de la cacherout. On a pu constater, notamment dans des productions
dites « ‘HALAV ISRAËL » que, parfois un fabricant pouvait profiter des souplesses d’un label
pour proposer un produit portant cette appellation mais qui, au final ne doit pas être
consommé par un public scrupuleux.
En guise de conclusion
Voilà comment chacun d’entre nous devrait appréhender les questions de cacherout :
1. Définir ses exigences en matière de cacherout (en fonction de son rite ou de sa
communauté par exemple).
2. Eviter les labels de cacherout qui ne correspondent pas à ses exigences. La demande
crée l’offre : si nous exigeons les produits les meilleurs, les commerçants
s’adapteront à cette demande et nous les procureront.
3. Ne pas consommer des produits portant des labels de cacherout inconnus, sur
lesquels il est difficile ou impossible d’obtenir des informations. Ce n’est parce que
l’emballage porte des lettres hébraïques qu’un produit est automatiquement
cachère : il doit porter le nom d’une autorité rabbinique compétente ou d’un
organisme de cacherout reconnu.
4. Comprendre l’esprit des lois de la cacherout. En effet, il est important de distinguer
l’esprit et la lettre de chaque loi car il est parfois nécessaire d’avoir recours à une
entorse à la lettre d’une loi (en particulier lorsqu’il ne s’agit que d’une mesure de
rigueur), pour en conserver l’esprit. Evidemment, chaque cas doit être analysé avec
une autorité rabbinique compétente.
De là nous comprenons l’importance de toujours se référer à un Rav capable de nous
répondre sur ce que nous pourrons ou non consommer car tout ce que nous mangeons
se transforme en notre chair et notre sang et influence notre personnalité – ainsi que
celles de nos descendants.
Rav David Naccache – Rabbin de Nanterre
Article paru dans le Casher Magazine N°148
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