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mercredi 8 juillet 2026

EXISTE-T-IL PLUSIEURS NIVEAUX DE CACHEROUT ?

 Nombre de nos lecteurs connaissent la différence entre les viandes glatt, ‘halak ou encore la

différence entre le lait chamour et le lait non chamour. Cependant, face à la multiplication

des labels de cacherout et l’explosion de la demande du marché cachère qui cherche à

obtenir toujours davantage de produits, fabriqués par des industriels plus ou moins sérieux,

il est clair qu’il existe une différence, notamment dans les « KOULOT » (permissions) que

s’autorisent certains labels.

Les divers niveaux peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs :

1. Les divergences d’opinion au niveau de la Halakha.

2. Les critères objectifs retenus par les labels de Cacheroute.

3. Le facteur humain.

4. Le côté financier

Etudions-les attentivement, un à un.

La Halakha

Il existe généralement deux grandes écoles de pensée dans la Halakha et c’est d’eux que

découlent des divergences d’opinion, qui s’expliquent aussi par des différences culturelles

comme l’opposition entre les avis Aschkenaze ou Sépharade. Il existe aussi les divergences

des « KOULOT » rapportées par les richonims (premiers décisionnaires) ou celles rapportées

par des décisionnaires plus contemporains. On peut citer en exemple l’avis du Rav Moche

Feinstein autorisant apparemment le lait non chamour.

Les critères retenus par les différentes autorités

C’est notamment de cette divergence que découle la nécessité d’une surveillance qui ne

veut accepter aucune de ces souplesses, afin de s’adresser au public le plus scrupuleux.

D’autre se suffiront de fabriquer des produits avec moins de contraintes et ne s’adressent

donc qu’à un public moins regardant, quitte à avoir une moins bonne renommée auprès du

public plus exigeant.

Le facteur humain

Mais le facteur le plus impactant est bien le facteur humain. En effet, un label sérieux va

d’abord établir un cahier des charges bien rédigé mais va surtout se soucier de former des

surveillants qui vont se rendre dans les usines et même effectuer un contrôle inopiné du

travail effectué par ce surveillant. Un cahier des charges détaillé et accessible au public est

un signe de sérieux. Plus il est difficile d’avoir accès à l’information, plus on peut se méfier

car un organisme rigoureux doit aussi informer les consommateurs et s’engager à faire

respecter ses normes.

L’argent


Enfin, lorsqu’un problème survient lors d’une production, il y a parfois beaucoup d’argent

investi par le producteur et l’industriel. Selon que le problème soit sérieux ou pas, les

conséquences ne seront pas les mêmes. Il se peut également qu’un fabriquant va user de

ruse en profitant des souplesses du label pour fabriquer un produit qui répondra aux

demandes des consommateurs et qui va se vendre mais dont l’élaboration sera moins

exigeante au niveau de la cacherout. On a pu constater, notamment dans des productions

dites « ‘HALAV ISRAËL » que, parfois un fabricant pouvait profiter des souplesses d’un label

pour proposer un produit portant cette appellation mais qui, au final ne doit pas être

consommé par un public scrupuleux.

En guise de conclusion

Voilà comment chacun d’entre nous devrait appréhender les questions de cacherout :

1. Définir ses exigences en matière de cacherout (en fonction de son rite ou de sa

communauté par exemple).

2. Eviter les labels de cacherout qui ne correspondent pas à ses exigences. La demande

crée l’offre : si nous exigeons les produits les meilleurs, les commerçants

s’adapteront à cette demande et nous les procureront.

3. Ne pas consommer des produits portant des labels de cacherout inconnus, sur

lesquels il est difficile ou impossible d’obtenir des informations. Ce n’est parce que

l’emballage porte des lettres hébraïques qu’un produit est automatiquement

cachère : il doit porter le nom d’une autorité rabbinique compétente ou d’un

organisme de cacherout reconnu.

4. Comprendre l’esprit des lois de la cacherout. En effet, il est important de distinguer

l’esprit et la lettre de chaque loi car il est parfois nécessaire d’avoir recours à une

entorse à la lettre d’une loi (en particulier lorsqu’il ne s’agit que d’une mesure de

rigueur), pour en conserver l’esprit. Evidemment, chaque cas doit être analysé avec

une autorité rabbinique compétente.

De là nous comprenons l’importance de toujours se référer à un Rav capable de nous

répondre sur ce que nous pourrons ou non consommer car tout ce que nous mangeons

se transforme en notre chair et notre sang et influence notre personnalité – ainsi que

celles de nos descendants.


Rav David Naccache – Rabbin de Nanterre


Article paru dans le Casher Magazine N°148

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