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mercredi 19 décembre 2012

La fin du monde est-elle pour 2012?




Les Mayas, un peuple d’Amérique centrale précolombienne, utilisaient un calendrier dont le cycle le plus long durait 5125 ans. Un bas relief gravé dans la pierre représente le calendrier qu’ils utilisaient. Le terme du cycle tombe en l’an 2012. Cette année.

Fin du calendrier, fin du monde ? J’ai chez moi un calendrier mural 5772-2011/2012. Celui-ci s’achève la veille de Roch Hachana 5773. Si vous venez chez moi, allez-vous me demander si moi aussi je crois en la fin du monde parce que mon calendrier s’arrête à la fin de l’année ? Ce serait absurde, n’est-ce pas ?

Non, ce n’est par à cause d’une histoire de calendrier, fut-il Maya, Toltèque ou Chichimèque, que je crois en la fin du monde en 2012.

Car, sachez-le, j’y crois dur comme fer.



Je crois de toute mon âme que cette année notre monde connaîtra sa fin. D’ailleurs, quand on est Juif, pas la peine d’aller déterrer les vestiges de cette affreuse civilisation maya, un peuple d’idolâtres baignés du sang de leurs sacrifices humains.

Notre propre tradition fait état de la fin d’un monde, et de l’avènement d’un nouveau monde. On le trouve du reste dans de nombreux textes, comme dans Isaïe 65, versets de 17 à 25 :

Oui ! Me voici en train de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, si bien qu’on ne se rappellera plus ce qui aura précédé ; on n’en gardera pas le moindre souvenir. Réjouissez-vous, au contraire, et félicitez-vous à jamais de ce que Je vais créer ; car voici, Je fais de Jérusalem un sujet d’allégresse, et de son peuple une source de joie. Et Moi-même Je me réjouirai de Jérusalem et J’aurai du plaisir de Mon peuple : on n’y entendra plus ni bruit de pleurs, ni cris de douleur. On n’y verra plus d’enfant [ne vivant que] quelques jours, ni de vieillard qui n’achève sa carrière ; Le loup et l’agneau paîtront côte à côte, le lion comme le bœuf mangera de la paille et le serpent se nourrira de poussière ; plus de méfaits, plus de violence... car sera considéré comme jeune homme celui qui mourra à cent ans, et comme maudit le pécheur devenu centenaire. On bâtira des maisons et on les habitera ; on plantera des vignes et on en mangera les fruits. On ne bâtira pas pour qu’un autre en profite, on ne plantera pas pour qu’un autre en jouisse ; mais les jours de Mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus useront jusqu’au bout l’œuvre de leurs mains. Ils ne se fatigueront plus en vain, et ils n’enfanteront plus pour la ruine : ce sera la lignée des bénis de l’Éternel, et leurs rejetons demeureront avec eux. Avant qu’ils M’appellent, Moi, Je répondrai ; ils parleront encore que déjà Je les aurai exaucés. Le loup et l’agneau paîtront côte à côte, le lion comme le bœuf mangera de la paille et le serpent se nourrira de poussière ; plus de méfaits, plus de violence sur toute Ma sainte montagne : c’est l’Éternel qui a parlé.

Un autre ? Isaïe 66, verset 20 à 23 (figurant dans la Haftarah de Roch ‘Hodech) :

Et l’on amènera tous vos frères du milieu de chaque nation, comme tribut à l’Éternel, sur des chevaux, sur des chars, dans des litières, sur des mulets, sur des dromadaires, vers ma sainte montagne à Jérusalem, dit l’Éternel, comme les enfants d’Israël apportent leurs tributs, dans des vases purs, au temple du Seigneur. Bien plus, J’en élirai parmi eux comme prêtres, comme lévites, dit l’Éternel. Oui ! Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant moi, dit l’Éternel, ainsi subsisteront votre lignée et votre nom. Et il arrivera constamment, à chaque Roch ‘Hodech, à chaque Chabbat, que toute chair viendra se prosterner devant Moi, dit l’Éternel.

Certes, on n’est pas ici en plein scénario catastrophe hollywoodien. La planète ne va pas se désintégrer, les océans ne vont pas s’évaporer, le ciel ne va pas nous tomber sur la tête.

Vous vous connaîtrez tel que vous êtes dans le plan divinDe quelle « fin du monde » s’agit-il alors ? La fin d’un monde de crime et d’agression, de dictatures et de guerre, de pauvreté et d’injustice. La fin d’un monde où un peuple païen ivre du sang de ses enfants pouvait flanquer la frousse à des millions d’honnêtes gens des centaines d’années après sa disparition.

Et la naissance d’un monde où le bien profond que recèle chaque chose – dans le langage de la ‘Hassidout, l’étincelle divine qui la crée – sera révélé et perceptible. Un monde dans lequel vous-même serez enfin révélé(e) dans tout votre potentiel bénéfique, un monde dans lequel vous vous connaîtrez tel(le) que vous êtes dans le plan divin.

Le Rabbi de Loubavitch1 explique que la révélation divine qui aura lieu lors de l’ère messianique sera si intense que toute chose existera à un plan infiniment plus élevé qu’à l’heure actuelle. Le monde sera le même monde, le ciel, la terre, les arbres, les oiseaux, les gens. Mais il sera le support de la révélation divine au lieu d’en être l’écran opaque.

Ce changement sera la conséquence d’une révélation profondément nouvelle dans la Torah. Celle-ci, dans son essence, est en effet l’instrument de la création du monde.2

Et ce qui suscitera cette nouveauté radicale, enseigne le Rabbi, sera une « nouveauté radicale » de notre part : le fait que le peuple juif d’aujourd’hui, évoluant dans un monde sans Patriarches et sans prophètes, sans Temple et sans Cohen Gadol, contesté en diaspora et contesté sur sa terre, sans les guides et les maîtres du passé, et soumis à toutes les tentations de l’abondance matérialiste – le fait que ce peuple continue d’accomplir la volonté de D.ieu, d’étudier Sa Torah et de pratiquer Ses commandements dans la plus grande abnégation, révélant ainsi la profondeur de l’âme, constitue une « nouveauté radicale » dans l’histoire de la création et de l’humanité.

2012, la fin du monde ? J’y crois et je l’attends, du matin jusqu’au soir, comme nous le disons dans la prière quotidienne : « Car en Ta délivrance nous espérons toute la journée. »3





NOTES
1. Sefer HaMaamarim Meloukat III p. 123.
2. “Il regarda dans la Torah et le monde fut créé”, Zohar III p.161b.
3. Amidah des jours de semaine.

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