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lundi 2 mars 2015

Le Juif extrême - Là où Pourim égale Kippour



Hier, un fidèle de la synagogue me demanda : « Quel est le jour le plus important de l’année ? 

« Yom Kippour, » lui ai-je instantanément répondu. Une seconde plus tard, j’ai ajouté, « ...o
u peut-être Pourim. »

Au feu rouge suivant, je me rétractais encore. « En fait, Pessa’h est un jour très important dans notre histoire. Et Chavouot, quand nous avons reçu la Torah. Roch Hachana, aussi... »

Je ne suis pas vraiment à blâmer pour cette confusion. Ouvrez n’importe quel texte ‘hassidique ou autre sur les fêtes du calendrier juif et vous verrez que le jour le plus important de l’année est celui que vous êtes en train d’étudier. Les maamarim (discours) sur Pessa’h expliquent que l’Exode d’Égypte est l’événement le plus important de notre histoire car c’est à Pessa’h, au moment où l’Exode est « évoqué et renouvelé », que nous jetons les fondations de nos vies spirituelles et de notre relation avec D.ieu. Les maamarim de Chavouot disent la même chose... au sujet de la révélation du Sinaï. Ainsi en est-il des discours qui traitent du sens profond de ‘Hanouccah, de Pourim, de Roch Hachana, de Souccot... vous voyez le tableau.



Et, bien sûr, tous ces enseignements sont vrais. À chaque jointure du continuum spirituel de l’année juive est sertie une ressource – liberté, sagesse, joie, unité, engagement – qui est le fondement de nos vies spirituelles et de notre relation avec D.ieu. Sur chacune d’entre elles repose l’édifice tout entier.

Et cependant, Yom Kippour et Pourim se distinguent comme « les jours les plus importants ». Les deux se caractérisent par le fait qu’ils ne durent qu’un jour (alors que Roch Hachana en dure deux, Souccot sept, ‘Hanouccah huit, etc). Leurs noms se ressemblent même. Le grand kabbaliste Rabbi Isaac Louria (« Le Saint Ari », 1534-1572) enseigne d’ailleurs que Yom Kippourim (le nom hébraïque complet de Yom Kippour) peut aussi être lu Yom ke’Pourim, « un jour comme Pourim » (ce qui signifie que mon instinct premier était erroné : si Yom Kippour est un jour comme Pourim, alors Pourim devrait être au sommet de la liste...)

Car ces deux jours représentent des extrêmes. Yom Kippour dans sa spiritualité : nous jeûnons, nous nous habillons de blanc pour ressembler aux anges, et passons la journée entière à nous repentir et prier. Et Pourim dans sa matérialité : nous nous réjouissons et festoyons, distribuons des cadeaux comestibles à nos amis et de l’argent aux pauvres, et il nous est même commandé de boire (!) à l’excès.

Poussez-vous dans vos limites, et au-delà – disent ces deux jours à chaque Juif – et si vous le faites avec toute l’intégrité et la dévotion et la bonté de votre âme et de votre corps juifs, alors vous trouverez D.ieu.


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